La biomasse au niveau européen avec Bioenergy Europe


La biomasse est l’énergie renouvelable la plus utilisée en France. Si on effectue un focus sur le chauffage au bois, c’est plus de 6 millions de ménages qui l’utilise chaque année en Métropole. Alors que l’étiquettage énergétique est entré en vigueur en 2018 et que la directive européenne “Ecodesign” pour les appareils de chauffage entrera en vigueur en 2022, nous avons souhaité donner la parole à Bioenergy Europe, association européenne qui représente l’industrie des bioénergies à Bruxelles.

Rencontre avec Nathalie HEMELEERS en charge des affaires publiques. 


 

Pouvez-vous nous présenter Bioenergy Europe (date création,  adhérents, objectifs, etc.) ?
 


Bioenergy Europe représente l’industrie de la bioénergie dans son ensemble auprès des décideurs politiques européens. Son objectif est de développer des conditions de marché juste et favorable au déploiement de la bioénergie. Fondée en 1990, Bioenergy Europe est une organisation à but non-lucratif basée à Bruxelles qui regroupe plus de 40 associations européennes et 90 entreprises ainsi que des universités, écoles et organismes de recherche d’Europe et de partout dans le monde ayant pour centre d’activité la valorisation de la biomasse. 
 

 

Comment percevez-vous le marché du chauffage domestique au bois en  Europe ? Avez-vous des données statistiques sur les ventes, etc. ?
 


Oui, nous publions chaque année un rapport statistique avec de nombreuses données sur la bioenergie en général. On peut les trouver sur notre site internet. Il y a un chapitre sur la chaleur (‘bioheat’) ou l’on peut trouver toutes sortes de données sur le chauffage résidentiel par état membre. Nous avons également un chapitre pellet (granulés de bois) qui est très complet et comprend des données détaillées sur le marché.

Nous savons donc qu’au niveau européen, le chauffage résidentiel à la biomasse représente 18 % de la consommation finale de chaleur. Cela équivaut a près de 40 millions de ménages. Ce n’est pas rien et cela fait de la biomasse la première source renouvelable de chaleur en Europe !

Le marché du chauffage domestique au bois est en développement dans la plupart des états membres. Pour le chauffage domestique au pellet par exemple, la consommation a quasiment tripler depuis 2010 au niveau européen (EU 28). En ce qui concerne l’utilisation du bois pour le chauffage domestique, elle a toujours été importante, mais elle a quand même augmenté de 47% depuis 2000 (EU 28). Ce que l’on remarque c’est que les ventes sont fort dépendantes de l’intensité des hivers et du prix du gaz et du mazout.

Le chauffage au bois est souvent la cible d'attaques de la part  d'autres secteurs polluants concernant les émissions de particules  fines.



Quels moyens utilisez-vous afin de contrer ces attaques (articles  dans la presse, brochures, RDV avec des décideurs publiques, campagne de  communication, etc.) pour défendre le bois et plus globalement la  biomasse à Bruxelles ?
 


Le problème des émissions de particules liées au chauffage au bois est un fait et les décideurs politiques commencent à s’en rendre compte. Nous voyons de plus en plus de mesures politiques contre le chauffage au bois pour préserver la qualité de l’air. Il faut comprendre d’où viennent ces particules pour pouvoir les éliminer. 

Ces particules viennent en grande partie des vieilles installations de chauffage au bois qui sont inefficaces et polluantes. Certains fabricants de poêles a bois ont calculé qu’un poêle à granulés émet 278 fois moins de particules fines qu’un foyer ouvert traditionnel.

Afin de réduire ces émissions, il faut donc remplacer le stock existant par des nouvelles installations plus efficaces et plus propres. 

Toute nouvelle installation devra d’ici peu être conforme aux normes Ecodesign, introduisant donc un seuil limite d’émissions de différents polluants.

Une étude du CERIC (dont nous avions parlée ici ndlr) montre qu’en remplaçant le stock existant et en utilisant un bois de qualité, on peut réduire jusqu’à 92% des émissions de particule liées au parc d’appareils de chauffage au bois domestique en France.

Au niveau européen, on se rend compte que les décideurs politiques ne comprennent pas bien la problématique liée aux émissions du chauffage au bois. Ils ne font pas la différence entre le parc existant et les nouvelles installations. C’est là que nous intervenons.

Nous avons développé toute une série d’outils afin de faire comprendre que pour réduire les émissions dues au chauffage au bois il faut promouvoir les nouvelles installations (remplacement ou nouvel achat), et pas les bannir comme c’est le cas dans certains états membres.

Nous avons développé une brochure et des videos qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux. Nous avons organisé un événement au Parlement Européen en mars 2019 sur ce sujet et prévoyons une campagne de communication pour l’hiver prochain. De plus, nous rencontrons les décideurs politiques européens de manière régulière. Nous organisons également des rencontres entre nos membres et les décideurs clés au niveau européen. Cela permet à ces derniers de mieux comprendre les causes et les solutions, mais également a l’industrie de se rendre compte qu’elle va devoir s’adapter aux exigences de qualité de l’air si elle veut survivre.

C’est un sujet important pour nous, nous restons actifs !


 


Racontez-nous la genèse, le développement et le fonctionnement actuel  de la certification "ENplus"
 


 Pour comprendre l’origine de la certification ENplus®, il faut replonger en 2010 et analyser le marché Européen du granulé de bois.

Avec une demande déjà en plein essor pour un prix de vente relativement stable, ce marché était apparu comme une véritable opportunité pour de nombreuses entreprises. Malheureusement, en l’absence d’un contrôle-qualité digne de ce nom, de nombreux acteurs du marché ont proposé des produits de moindre qualité, ce qui n’était pas sans engendrer des problèmes pour l’utilisateur. 

C’est pour répondre à cette véritable besoin que ENplus® a été conçu et lancé dans un premier temps en Allemagne. Le succès fut immédiat et la certification s’est très rapidement étendue au niveau européen, et au-delà, pour aujourd’hui compter plus de 900 entreprises certifiées à travers le monde toutes référenceés sur notre site internet.

Un des éléments essentiel du fonctionnement de ENplus® est qu’il s’agit d’une certification dite à « tierce partie ». En effet, les organisations qui testent (organisme de test) les pellets ou qui inspectent (organisme d’inspection) voire qui certifient (organisme de certification) les sociétés exécutent leurs tâches en toute indépendance, y compris vis-à-vis de Bioenergy Europe. Ce mode de fonctionnement permet de maintenir un haut niveau d’impartialité, condition essentielle au bon fonctionnement d’une certification. Ceci permettant que la qualité des pellets soit contrôlée de la même manière pour l’ensemble des producteurs, détaillants et fournisseurs de services certifiés par ENplus®.
 

 

Un projet de label européen des poêles et inserts est en discussion. Pouvez-vous nous dire où en sont les discussions ? Copierez-vous le  fonctionnement de ENplus pour ce futur label des appareils ?

 


Un projet de certification européenne est en effet en discussion. L’idée est de se baser sur les labels nationaux existants (tels que Flamme Verte en France ou Aria Pulita en Italie) et de les harmoniser afin de pouvoir les étendre a tout le territoire européen. Cela permettra de comparer les installations de tous les pays européens avec les mêmes critères et devrait faciliter le commerce entre états membres.

Il s’agit aussi de donner un instrument au législateur pour privilégier les bonnes installations et au consommateur pour faire son choix en connaissance de cause.


 


Un label européen aura-t-il du sens avec l'entrée en vigueur en 2022  de la directive EcoDesign ?
 


Ces deux instruments ont des fonctions différentes. 

La directive Ecodesign impose des exigences d’efficacité et des seuils d’émissions a toute installation mise sur le marché. C’est le minimum a respecter pour pouvoir être vendu sur le marché européen. Quant a l’obligation d’étiquetage, elle ne prend en compte que les critères d’efficacité et ne donne aucune information sur les seuils d’émissions.

Une certification européenne permettra de donner des informations sur l’efficacité et le niveau d’émissions de différents polluants. Ce sera un super instrument pour lutter contre les émissions polluantes !

 






2019-10-09 15:41:52
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