Chauffage au bois : le point avec l’ADEME (2e partie)


 

Voici la suite de notre entretien avec Madame Florence PROHARAM et Madame Isabelle AUGEVEN-BOUR  de l'Ademe dont vous retrouverez la 1ere partie ici.

 

Le chauffage au bois vétuste et/ou mal utilisé est vecteur de nombreuses émissions de polluants dans l’atmosphère. Quelles actions l’ADEME met-elle en place localement afin de permettre la réduction de ces émissions polluantes ?


 
Effectivement, selon l’état des connaissances actuelles, une grande variabilité de performances environnementales et énergétiques existe entre les différentes technologies pour le chauffage individuel au bois:
Un appareil de performances équivalentes au label Flamme verte 7 étoiles peut, pour une même quantité d’énergie produite, émettre jusqu’à 30 fois moins de particules fines qu’un appareil non performant.

Il a par ailleurs un rendement énergétique jusqu’à 7 fois plus élevé pour les foyers ouverts et 1,6 fois pour les foyers fermés anciens.

Les 50% du parc français constitués d’appareils non performants – soit des foyers fermés  datant d’avant 2002 et des foyers ouverts – sont ainsi responsables de 80 % des émissions de particules fines. 
 
A ce titre, et afin d'améliorer la qualité de l'air, l'ADEME recommande de réduire l'usage de ces appareils de chauffage au bois peu performants .
 
Remplacer ces appareils par des équipements plus performants, peu émetteurs de particules, les installer, les entretenir et les utiliser selon de bonnes pratiques permettent de réduire drastiquement les émissions de polluants du chauffage au bois individuel au bois. 
 
Le fonds expérimental "Air Bois" a été mis en œuvre dans le cadre du PPA de la vallée de l'Arve en juin 2013.

L’extension de l’expérimentation en vallée de l’Arve à l’ensemble du territoire français a été annoncé en février 2015 par le ministère en charge de l’environnement dans la feuille de route de la 3ème conférence environnementale.

Dans ce cadre, l'ADEME a lancé en juin 2015 l’AMI "Fonds Air qui a été prolongé par les appels à projet « Fonds Air » lancés en 2016, 2017 et 2018. 
 
Les fonds air contribuent à une amélioration de la qualité de l’air et une baisse de consommation énergétique dans les zones concernées, au travers de 2 leviers fondamentaux :
 
- En remplaçant une partie des foyers ouverts et appareils antérieurs à 2002 par des appareils performants labellisés FV 7* ou équivalent
 
- En agissant sur les changements de comportement au travers des actions d’accompagnement (animation, communication, sensibilisation, formation…) sur l’amélioration des pratiques d’utilisation des appareils de chauffage et, le cas échéant, sur les alternatives aux pratiques de brûlage à l’air libre des déchets verts.
 
 

Pouvez-vous d’ores et déjà tirer des enseignements sur le Fonds Air-bois mis en place dans la vallée de l’Arve, en 2013, en termes de réduction des émissions, de dynamisation de l’évolution du parc et de l’intégration des bonnes pratiques par le consommateur ?
 
Le fonds air bois de la vallée de l’Arve est financé collectivement par l’ADEME (Agence de l’environnement et le la maîtrise de l’énergie), le Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes, le Conseil Départemental de Haute-Savoie et les communautés de communes de la zone. 
 
Le lancement grand public de l’opération a eu lieu en juin 2013.
 
Elle était initialement prévue pour durer 4 ans, avec le versement d’un aide de 1 000 € (plafonnée à 50% des coûts) aux particuliers en résidence principale. La durée de l’action et le montant de l’aide ont été modifiés en septembre 2016 afin de pouvoir atteindre l’objectif (3 200 appareils à changer). La temporalité du dispositif a ainsi été décalée à fin 2018 et l’aide a été doublée (2 000 €) à compter du 1er janvier 2017.
 
Le fonds air bois de la vallée de l’Arve, avait permis, en juillet 2018, le remplacement de 3 200 foyers ouverts ou appareils individuels de chauffage au bois anciens par des appareils labellisés flamme verte (5 étoiles pendant les premières années de l’opération puis 7 étoiles à compter de janvier 2017) ou équivalent. 
 
Le projet de recherche DECOMBIO est soutenu par le programme PRIMEQUAL (programme de recherche inter-organismes pour une meilleure qualité de l’air, mis en œuvre par le Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) et l’ADEME).

Ce projet a eu pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’opération expérimentale fonds air bois en vallée de l’Arve, sur la période allant de juin 2013 à la date de fin des mesures prévues dans le cadre du programme, soit mars 2017.

Selon les hypothèses et les données de facteurs d’émissions utilisées dans ce programme, la réduction des émissions de PM10 due à l’opération du Fonds air bois (1 932 appareils renouvelés à la date de fin des mesures du projet PRIMEQUAL) est estimée entre 12 et 38 tonnes de PM10 par an à climat normal, soit entre 4 et 12% des émissions totales liées au chauffage résidentiel au bois sur l’ensemble de la zone PPA, telles qu’estimées par Atmo AuRA. 
 
 
Le projet de recherche ArvePre2A, également soutenu par le programme PRIMEQUAL a permis la réalisation d’une grande enquête qualitative et quantitative auprès de différentes parties prenantes du territoire (population générale, professionnels, élus).

Le projet a permis de mettre en avant les enseignements suivants : 
 
- La pollution liée à la combustion de biomasse est minimisée au regard des autres sources d’émission de polluants
 
- Il existe des freins avérés au changement d’appareils (notamment le scepticisme concernant les bénéfices apportés les appareils modernes, la perplexité quant à limpact du chauffage au bois dans la pollution de l’air…) 

- Le soutien fort des professionnels
 
- La nécessité d’adapter la communication sur les enjeux de la qualité de l’air
 
Ce projet s’est aussi intéressé à l’évolution de l’application des bonnes pratiques dans la vallée de l’Arve (utiliser un matériel labellisé, performant, à foyer fermé ; choisir la bonne puissance nominale ; faire installer son équipement par un chauffagiste certifié ; utiliser du bois propre et sec ; nettoyer et entretenir son appareil régulièrement).

Ces bonnes pratiques sont connues de la très grande majorité des répondants à l’enquête. Une amélioration de la connaissance de ces pratiques a été constatée au cours de l’étude, avec notamment le recul de l’utilisation de bois de récupération, une tendance à la baisse de consommation de bois et un temps de séchage légèrement augmenté.

 
 
Pourquoi indiquez-vous que 80 % des émissions de particules fines en vallée montagneuses proviennent du chauffage résidentiel au bois ?
 

 
Le projet DECOMBIO montre que la combustion de biomasse est la source dominante de la masse des PM10 en vallée de l’Arve en hiver, dans les zones urbanisées de fonds de vallée (plus de 60% de la masse des PM10).
 

 
Pensez-vous qu’un Fonds Air-bois national pourra être lancé puisqu’il semblerait que 80 % des émissions de particules fines soient émises par des appareils vétustes (installés avant 2002) ?

 
 
Des dispositifs nationaux d’aide à la conversion des appareils de chauffage au bois non performants existent déjà (CITE, certaines aides ANAH).

Le fonds air bois a pour objectif de renforcer ces aides existantes et nationales pour les territoires les plus pollués.

18 territoires sont maintenant engagés dans une démarche de fonds air bois. Cela représente la majorité des zones pour lesquelles il y des dépassements des valeurs limites pour les PM10.

Le travail entamé avec le fonds air bois va se poursuivre en 2019 pour les territoires non encore engagés dans la démarche et ayant connu au moins un dépassement de valeurs limites en PM10 au cours des 5 dernières années. 

 
 
Par ailleurs, est-ce envisageable que des aides financières soient mises en place, par les pouvoirs publics, pour inciter le particulier à faire appel à un professionnel pour les deux ramonages annuels obligatoires et/ou l’achat d’un combustible bois de qualité ? Ou comment souhaitez-vous faire en sorte que le particulier intègre les bonnes pratiques ?


 
La variabilité des performances environnementales lors de l’utilisation d’un chauffage individuel au bois-bûche est fortement liée à la qualité du combustible et aux pratiques d’utilisation de l’appareil.

Plus les appareils sont performants, plus la question de l’usage est prépondérante.

Les principaux facteurs influençant les émissions sont l’humidité du combustible et la gestion des entrées d’air.
 
Des mesures de sensibilisation et d’incitation à l’utilisation d’un combustible sec et de qualité doivent donc être renforcées, ainsi que sur l’usage de l’appareil (par exemple allumage par le haut).
 
L’ADEME propose, par ailleurs, que soient renforcée la structuration de la filière amont pour un combustible bois bûche de qualité : 
 
• Améliorer la fiscalité des transactions bois-énergie (TVA réduite à 5.5%) pour attirer les utilisateurs vers des circuits d’approvisionnements professionnels. 
 
• Favoriser l’investissement pour des séchoirs à tout acteur adhérent à un signe de qualité (charte France bois bûche ou NF bois combustible). 
 
Ces mesures sont des propositions à discuter avec les acteurs de la filière.





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