Chronique de Richard Mazzella sur les poêles à granulés


 
 
Une chronique proposée par Richard Mazzella,
ancien dirigeant de Brisach, distributeur de poêles et aujourd'hui consultant :
 
 
 

" Le succès rencontré par les appareils à granulés ne surprend plus personne.


Pourtant, fin 2006, lorsque j’ai rencontré les dirigeants d’une entreprise Italienne qui compte aujourd’hui parmi les leaders du Marché en termes de volumes de ventes, ils m’ont pris pour un « fou furieux ». Lorsque je leur ai dit que dans 10 ans, il se vendrait en France presque autant de poêles a granulés que de poêles à bois, et que les ventes sur le territoire Français seraient proches des ventes réalisées en Italie, ils ont hésité avant de me confier un secteur géographique pour développer (ou plutôt créer) leur activité dans le Nord Est de la France, pensant que je délirais...
 
Les chiffres de 2016 confirment ces réflexions qui n’étaient pas bien difficiles à envisager dès lors qu’on observait et vivait ce métier depuis plusieurs années et qu’on voyait poindre des modifications fondamentales concernant les habitudes de chauffage en France.


Chez BRISACH, nous avions d'ailleurs lancé la commercialisation d’une gamme très restreinte d’appareils de chauffage aux granulés en 2002, mais les actionnaires financiers avaient jugé que le « sacro-saint » retour sur investissements n’était pas conforme à leurs « standards » de rentabilité, ce qui a hélas condamné notre démarche ….. Il faut dire, avec du recul, et à notre décharge, que la technologie et la fiabilité de ces appareils n’étaient alors pas au rendez-vous.

 

 

Que dire de ce succès et quels sont les risques, tant pour les consommateurs que pour les fabricants ?

 

- Tout d’abord, l’Industrie Française n’a pas pris le bon wagon : il suffit de constater le pourcentage d’appareils importés pour s’en assurer, même si une fabrication de qualité existe sur notre territoire, hélas non significative rapportée aux 110 000 appareils vendus en 2016.
 
- Ensuite, les appareils proposés sont remplis d’une technologie de plus en plus compliquée, d’options que très peu de clients utilisent, ce qui rend les appareils plus fragiles et un peu moins fiables.

La Société AU FEU DE BIO que nous avons créée en 2007, puis cédée fin 2012, et qui se développe rapidement depuis que notre repreneur a apporté du sang neuf, a dû vendre et installer plus de 1200 appareils, en grande majorité des appareils à granulés. Les « anciens » clients avec qui je reste en contact, me confient utiliser les fonctions basiques des appareils et ignorer jusqu’à l’existence de très nombreuses fonctions.
 
- Les conséquences de cette course à la « technologie » sont également perceptibles sur l’entretien et le SAV de ces appareils.
La très grande majorité des fabricants éprouve des difficultés pour mettre en place un SAV National. Les stations techniques spécialisées dans le dépannage ont été souvent remplacées par des structures Nationales , sans véritable compétence technique, quasiment jamais certifiées « QUALIBOIS », dont le rôle consiste à respecter des budgets de SAV…

J’ai été amené à discuter avec un « technicien » d’une structure Nationale en lui demandant ce qui se passerait si à la suite du changement d’une bougie sur un appareil installé « en dehors des normes des DTU » un incident ( incendie ou intoxication) grave avait lieu ……
A ma grande surprise, il ignorait que cet intervenant prenait la « responsabilité civile de l’ouvrage ». Ceci n'est qu'un exemple, mais il doit attirer l’attention des très nombreux vendeurs et installateurs professionnels qui ont répondu présents au quotidien pour gérer les 110 000 appareils vendus…  C’est selon moi le point noir actuel qui va s’accroitre dans les années à venir.

La complexification des appareils n’ira pas dans le bon sens pour les utilisateurs ni pour les sociétés chargées de la maintenance.

 
- Un autre point me donne à réfléchir, c’est le prix des appareils qui devient selon moi prohibitif et explique la part grandissante des GSB et d’autres canaux de distribution. L’écart entre les prix Français et Italien s’explique en très grande partie par notre « crédit d’impôt ». Il faut que les vrais professionnels gagnent leur vie, mais j’ai pu constater quelques pratiques qui me semblent dangereuses :
o Des prix sont gonflés artificiellement avec des risques « juridiques » avérés
o La base du crédit d’impôt assez souvent majorée du prix des accessoires et d’une très grosse partie des frais de pose, ce qui est totalement illégal.

 

 

La conclusion de cet article est la suivante :

 
- Le marché existe et se maintiendra à ce niveau pour quelques années
 
- Pour que ce marché ne soit pas un « soufflet prêt à retomber », les acteurs (fabricants, distributeurs) devront rester raisonnables et réalistes et faire payer le juste prix. Dans les zones frontalières, de plus en plus de particuliers achètent dans les pays limitrophes, et la garantie étant Européenne, les fabricants ne pourront pas brandir l’arme du refus de cette garantie.
 
- La technologie est à ce jour suffisamment avancée et performante, inutile de fabriquer des usines à gaz qui auront un effet négatif sur ce marché."
 

 





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